
Warhammer Age of Sigmar : retour sur le wargame
Aujourd’hui, je vais vous parler d’un genre de jeu que l’on a encore jamais abordé ici : les wargames. Ce billet sera donc l’occasion de vous rappeler de quoi il s’agit, et surtout de vous parler de Warhammer Age of Sigmar et de son mode de jeu « Spearhead ».
C’est quoi un wargame ?
Bon, je vais quand même grandement survoler le sujet car c’est vaste, mais qu’est ce que le wargame ? En français, on peut appeler ça jeu de guerre, jeu d’histoire, jeu de stratégie… Et rien qu’avec ces différents noms, on voit déjà un peu ce qu’est le wargame. Il s’agit donc d’un loisir dans lequel les joueureuses (aussi appelé belliludistes, et ça, ça claque) simulent une bataille entre plusieurs camps.
Dans tous les wargames, on retrouve certains éléments : la présence d’un plateau servant de champ de bataille, des pièces représentant les différentes unités des deux camps et, forcément, des règles de jeu pour encadrer les combats.

De ce simple socle commun dérivent de nombreux jeux, tous très différents les un des autres. Déjà, le cadre et l’époque dans lesquels se passe le jeu sont évidemment très impactants. Vous ne jouerez pas au même jeu si vous jouez un conflit dans l’antiquité ou durant la période napoléonienne. Pareil s’il prend place dans un univers de High Fantasy ou dans un monde science fictionnel. L’échelle des batailles peut aussi être complètement différente. Certains jeux mettent en scène des escarmouches tandis que d’autres ont pour objectif de simuler les plus grandes batailles possibles, demandant aux joueurs de mettre en ordre de marche l’équivalent de milliers d’âmes. Le champ de bataille peut donc être un village, une ville à l’étendue de la planète.
Games Workshop et la création du « hobby »
Voici donc, grossièrement, ce que sont les wargames. Maintenant, il est temps de nous approcher doucement de notre sujet en parlant d’un des plus grands acteurs (voire même le plus grand) dans le secteur du wargame : Games Workshop. Créée en 1975, cette société anglaise est derrière les plus grandes marques actuelles du wargame, la plus connue maintenant étant Warhammer 40 000. De nos jours, la marque Warhammer, et plus particulièrement Warhammer 40 000, a largement dépassé le cadre du wargame puisqu’elle existe aussi dans le jeu vidéo, avec les jeux Dawn of War, Space Marines ou les spin off des Total War Warhammer.
Mais à l’origine donc, “Warhammer le jeu des batailles fantastiques”, c’est un wargame dans un univers médiéval fantastique sorti en 1983. Sa particularité, par rapport à d’autres wargames, c’est que ce n’est pas qu’un jeu. C’est un hobby à multiples facettes. D’ailleurs, les aficionados de Warhammer appellent l’ensemble de l’activité le “hobby” car, dès sa création, le jeu possède 3 facettes :
- le modélisme, car il faut monter soi-même les figurines qui sont vendues en pièces détachées,
- la peinture, car ces mêmes figurines, majoritairement en plastique, sont vendues complètement grises. Si vous voulez qu’elles prennent vie sur le champ de bataille, il faudra les peindre.
- Et pour finir, la partie wargame, où vous utiliserez vos figurines pour composer une armée et affronter une armée adverse.
Ce concept de “triple hobby” dans le jeu existe depuis le début et perdure. Ce n’est qu’en 86 (soit 3 ans après Warhammer Battle) que naîtra la première édition de Warhammer 40000, une sorte de déclinaison de l’univers à la sauce futuriste. Les légendaires Space Marine viennent de là. Petit trivia au passage : à la base, Warcraft premier du nom devait être une adaptation de Warhammer. Mais à l’époque Games Workshop ne bradait pas sa licence, donc Blizzard a dû s’adapter et créer un univers sur des bases empruntant à Warhammer. D’ailleurs, même si Starcraft n’a jamais été un projet d’adaptation, il faudrait avoir une poutre dans l’œil pour ne pas voir que les soldats terran ressemblent quand même beaucoup à des Space Marines…
Petit trivia perso, j’ai fait la connaissance de Warhammer avec la cinquième édition de Warhammer Battle, parue en 1996. Bref, on va bientôt parler du jeu qui nous intéresse aujourd’hui, promis. Car en 2015, c’est la fin pour Warhammer Battle. En effet, son petit frère 40K le surclasse sur tous les points. Le jeu est beaucoup plus rigide et sa huitième et dernière édition aura comme point final un événement appelé “la fin des temps”, qui porte bien son nom. L’univers de Warhammer est alors balayé et Games Workshop fait naître, à l’issue de cette événement, les “royaumes mortels”. Un nouvel univers dans lequel se passe Warhammer Age of Sigmar.
Age of Sigmar et son mode Spearhead

Si le jeu se veut être le successeur de Warhammer Battle sur plein de points, il prend aussi de 40K. Finies les batailles médiévales avec des bataillons resserrés. Comme à 40k, les régiments peuvent avoir des formes fluides. Les règles ont aussi été simplifiées pour être plus accessibles. Mais Age of Sigmar (AoS) reste tout de même un wargame exigeant, comme ses cousins. Il faut connaître les unités disponibles dans son armée, faire une liste de bataille d’un certain nombre de points, choisir les bonnes options pour affronter ensuite son adversaire sur un pied d’égalité.
C’est pour faire sauter cette première barrière de complexité que Games Workshop, avec la 4ème édition du jeu sortie en 2024, lance le mode de jeu “Spearhead”. Mais c’est quoi le mode de jeu Spearhead ?
Il y a quelque chose que j’ai omis durant cette longue « introduction » pour parler de Warhammer et qui est pourtant très important : c’est cher. Extrêmement cher. Si vous pensez que vous payez votre plastique bien trop cher quand vous achetez des LEGO, Games Workshop vous fera voir le monde autrement. Par exemple, en 2025, une boîte de 3 grosses figurines qui vaut 210 points d’armée (sachant que le format standard est de 2000 points) coûte plus de 50 euros. Même prix pour une unité de base de 10 figurines qui vaut 160 points de bataille… Bref, pour une armée, vous pouvez compter 500 euros, sans forcer. Ce n’est pas « cher », c’est “OHMONDIEUJEVAISCASSREMONCRANETELLEMENTCESTCHER”. D’autant plus qu’à ce prix, vous n’aurez que le plastique gris à monter. Reste à ajouter le prix de la colle, des pinceaux, de la peinture… Et énormément de temps, avant de jouer.
Bref, la porte d’entrée de Warhammer est extrêmement lourde. C’est ainsi que, pour “faciliter” l’accès à son jeu, Games Workshop a lancé le format “Spearhead”. Des sortes de début d’armée qui permettent d’avoir une base solide pour moins cher que si vous les preniez à l’unité. En gros, la boite coûte 110 euros, mais si vous achetez son contenu individuellement, vous en avez pour 170 euros. C’est toujours cher… Mais moins.
Avant la 4ème édition, ces boîtes ne servaient qu’à vous lancer dans le bain et ne permettaient pas de faire de belles parties. C’est ensuite qu’est sorti le mode de jeu “Spearhead” qui s’appuie sur ces boites “low cost”. Le principe est simple : en Spearhead, vous achetez la boite d’une armée et PAF ! vous pouvez jouer. Le jeu utilise les règles de bases de Warhammer AoS, et Games Workshop fournit des profils et règles spécifiques pour les unités de chaque boite dans ce mode. Le champ de bataille est plus petit, les parties ne font que 4 tours et les règles avancées de magie et de commandement ne sont pas appliquées.
Du coup, vous ne vous retrouvez plus qu’avec une vingtaine de pages de règles, peu d’unités à maîtriser et vous pouvez vous lancer assez facilement. La complexité d’une partie de Spearhead ne dépasse clairement pas celles des gros jeux de société d’aujourd’hui et, pourtant, le jeu offre par mal de rejouabilité. Déjà, chaque armée a des options qui permettent en début de partie de s’adapter à l’adversaire. Il existe (à l’heure actuelle) quatre champs de bataille, qui ont tous une liste de péripéties distinctes, des événements qui viennent un peu changer la dynamique de la partie. Le jeu inclut aussi un système d’underdog, qui avantage le belliludiste qui est en retard au cours de la bataille. Bref, vous êtes peut-être en face d’une version simplifiée du jeu complet, mais beaucoup plus accessible au commun des mortels. Si vous achetez la boite de base du jeu, pour 210 euros, vous aurez vos deux armées Spearhead, le plateau, les décors… Et vous pourrez vous arrêter là !
Alors vous allez me dire que ça reste cher. Et oui. C’est cher. Mais quand je vois un jeu comme Frost Heaven, qui est vendu 230 euros avec ses 80 pages de règles à bouffer… Je me dis que finalement, Spearhead n’est pas un choix ridicule. Donc voilà, si un jour vous voulez découvrir Warhammer pour de vrai, sachez qu’il existe une solution moins onéreuse que fut un temps, et qu’elle est très satisfaisante, que ce soit pour des belliludistes occasionnels ou des vieux de la vieille comme moi qui ne veulent plus mettre un SMIC entier dans du plastique.

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